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Hommage à Alice Gaillard

Hommage à Alice Gaillard

 

Alice Gaillard, la joie de vivre la peinture

Par Jean-Marie Lemaire

 

(...) Voyez, ceci dit avec infiniment de respect, ce petit bout de femme d’Alice Gaillard. Discrète, presque timide, elle s’impose par une œuvre exaltante, débordante de lyrisme, de force et d’énergie..

Artiste solitaire et effacée, elle nous montre une peinture forte, multiple, vivante et dynamique. La peinture d’Alice Gaillard se regarde et se goûte avec appétit. La richesse, la diversité des sujets, des thèmes qu’elle aborde composent une oeuvre authentique, d’un expressionnisme tonifiant et volubile, mais aussi, parfois, violente et tourmentée. C’est une relation au monde simple, directe, un rapport à la réalité qui passe, d’abord, avec une fidélité à la figuration enseignée par ses maîtres, mais parvenant à s’en dégager pour perdre tout caractère descriptif ou anecdotique, voire émotif ; ensuite par la sensibilité d’un regard qui en capte et en restitue toute la qualité formelle et colorée.

Peinture prétexte, Alice Gaillard ne prétend nullement y délivrer un quelconque message ni avoir la volonté d’y exprimer des sentiments. Elle possède ce pouvoir qu’ont certains peintres de nous faire oublier la surface figurée de la toile au profit de l’élaboration de l’entité forme-couleur-matière, comme le musicien construit sa partition avec des rythmes, des notes et des sons.

C’est le juste équilibre de ces trois composantes complémentaires et associées qui rendent possibles, par l’architecture équilibrée de la toile la matérialisation de son monde intérieur. Elle recompose en un caléïdoscope polychrome qui donne autant à écouter qu’à voir, qui s’entend autant qu’il se regarde.

C’est une peinture qui nous parle, comme Romain Rolland disait de la musique qu’elle était la parole la plus profonde de l’âme. Langage pictural, où la liberté et l’amplitude du geste font que la couleur, joyeuse, chante, danse et fait la fête. Polyphonie chromatique où les toiles claquent comme autant de drapeaux, bannières et banderoles. Fanfare et carnaval. Vocabulaire de rythmes et de formes d’une grande musicalité qui se donne pour instruments brosses et palette dont Alice joue avec vivacité et éclat.

Mosaïque chaude et lumineuse où la lumière n’est pas blanche mais se répand, d’accords en dissonnances comme dans un vitrail, en panaches de soleil, de garance et d’outremer, de verts stridents et de blancs aux solides transparences que tempèrent bleus intenses et noirs sourds et lourds comme des silences.

Je crois bien qu’Alice est une artiste heureuse. Heureuse de nous transmettre sa joie de peindre et son bonheur de vivre. Heureuse de nous faire, et nous de recevoir, ce cadeau qui est un régal d’émotion et de merveille qui nous transportent au pays d’Alice. Alors, Alice... redonne-nous longtemps encore abondance de tes parts de rêves à savourer. Ce n’est plus seulement de l’appétit, cela devient de la gourmandise.

Ouvrage « Quatre peintres lyonnais contemporains », éditions La Taillanderie, mai 2004 (extrait) 

Photos Josette Vial, tous droits réservés

Photos Josette Vial, tous droits réservés

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