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Hommage à Pierre Giouse

Hommage à Pierre Giouse

 

Mort de Pierre Giouse, pionnier et dinosaure

Par Stani Chaine 

 

Pierre Giouse est mort ce  3 juillet 2017 à l’âge de 88 ans. Après en avoir été l’un des pionniers, Pierrot était devenu l’un des derniers dinosaures de l’aventure artistique engagée – notamment avec le Parti Communiste – de la deuxième moitié du XXème siècle, au temps des « banlieues rouges » ; à Vénissieux en particulier.

Véritable personnage, il a été forgeur dans une aciérie, responsable syndical, ouvrier sur plusieurs chantiers de construction, secrétaire de « Travail et Culture » à Lyon, gardien au TNP de Villeurbanne… et poète plasticien.

Auteur de nombreux textes de livres d’artistes, journaux, revues, catalogues d’exposition et ouvrages collectifs. Compagnon de l’artiste Madeleine Lambert, il fut lui-même le créateur d’une oeuvre libertaire, engagée, simple, pleine d’un humour espiègle, tels ses « Détournements (mineurs) » ou ses « Livres faits à la maison », « À tenir au frais » ou « Mythologies siennes ».  

De son écriture manuscrite à la graphie si particulière, il maniait une langue volontiers décalée et désuète. Ses « Installations en boîtes transparentes » étaient une perpétuelle fabrique d’objets poétiques à son image : tout de sagesse populaire, de clins d’œil, de fantaisie et d’humanité. Il fut hélas trop peu montré, sauf à la galerie Dettinger (Lyon 2°).
 

Hommage à Pierre Giouse
Hommage à Pierre Giouse
Hommage à Pierre Giouse

 

Par Jacques REY

 

Autodidacte, ainsi que le furent Marcel Michaud, Raymond Grandjean et Armand Avril, Pierre Giouse était un créateur polymorphe, écrivain, poète et artiste.

Ce fils de mineur était né le premier jour de l’an 29 à Unieux dans la sombre vallée de l’Ondaine. Dès son enfance, grâce à un instituteur, il s’ouvre à la culture, s’émerveillant des choses de l’Art.

Encore adolescent, il s’emploie comme forgeur dans une aciérie puis comme maçon. Devenu responsable syndical chargé de vérifier sur les chantiers le respect des règles de sécurité, il se consacre à la promotion de la culture en milieu ouvrier. Secrétaire de « Travail et Culture », Pierrot s’investit avec l’avocat Paul Bouchet pour restaurer le Château de Gouttelas en Forez et le transformer en centre culturel.

Il fréquente le monde du théâtre entre autres Roger Planchon, celui des arts plastiques rencontrant Madeleine Lambert dont il sera le compagnon. En mai 68 il découvre l’univers de l’architecture avec les étudiants des Beaux-Arts en grève.

Par la suite, il se lie particulièrement avec l’architecte Robert Dussud et avec ceux du GERAU. Le simple militant devient acteur à part entière de ces mouvements culturels. Il écrit dans des livres d’artistes, des journaux, des revues.

En 1997 il publie chez l’éditeur vénissian Parole d’Aube « Chemins », recueil poétique par lui-même illustré. Membre actif de l’avant-garde lyonnaise des années 70, il dessine, peint, participe à des expositions collectives. Il se révèlera pleinement dans la fabrication de petites constructions poétiques mettant en scène des objets dérisoires du quotidien.

Sa démarche s’apparente à celle de Joseph Cornell dans la conception de ses boites surréalistes En 1999 la galerie Dettinger-Mayer organise une exposition autour de la série « les détournements (mineurs) de PG » En 2003 l’URDLA édite en 12 exemplaires « multiple bocal » l’une des pièces de la série des « Détournements (mineurs)» de PG ».

L’imaginaire subtil, non encombré des poncifs académiques et l’humour discret de Pierre Giouse nous révèle la profondeur de son monde intérieur. 

Photos Josette Vial, tous droits réservés

Photos Josette Vial, tous droits réservés