Rencontre avec Evelyne Rogniat, photographe et membre actif du Salon de Lyon et Sud-Est
Salon de Lyon et Sud-Est : Photographe, est-ce facile au milieu des peintres ?
Evelyne Rogniat : Cela fait plusieurs années que j'ai été invitée puis sociétaire du Salon. J'en suis contente, pour moi la démarche artistique est une, quels que
soient ses moyens. Ma vie m'a rendue proche des peintres, à commencer par la présence imaginaire de mon grand-père peintre, Prosper Rogniat, que je n'ai pas connu. Je pourrais souhaiter que les
photographes soient plus nombreux (quatre cette année), mais c'est peut-être de leur fait.
Salon de Lyon et Sud-Est : la photographie reste un moyen de préserver le temps, un moment, le contenu lui même de ton travail a pour thème le temps ? Que peux-tu
nous en dire ? Tes personnages sont-ils anonymes?
Evelyne Rogniat : La photographie, la mémoire, le temps bien sûr... mais la photo que je montre maintenant est de moins en moins une saisie d'instant, c'est une
composition de moments séparés dans l'espace et le temps, démarche sans doute plus "picturale". On voit d'ailleurs au Salon des peintres travailler sur la mémoire, ses "lambeaux" et
blessures.
Les personnages présents dans mes images sont anonymes (photos anciennes trouvées), quand ils ne le sont pas cela n'a pas d'intérêt d'en faire connaître les
noms.
Salon de Lyon et Sud-Est : Tu fais une exposition en même temps que le salon, est-ce une poursuite des images que nous avons ici ?
J'expose en ce moment à deux endroits : le Musée de Moulages (métro Garibaldi) dans le projet Lyon des Photographes, photographies noir et blanc antérieures aux
années 90, accompagnées d'un ouvrage édité par Libel. Deux images de la série "Points de vue sur Reverzy", une rêverie à partir des mots qui expriment Lyon vu par cet écrivain, et une grande
image issue de "Traboules de Résistance", les parcours secrets des résistants pendant la guerre. Exposition jusqu'à fin novembre.
J'expose aussi à l'Espace de l'Ouest Lyonnais (Lyon 5e) avec le groupe Photographies Rencontres que je préside. Un autre extrait de Mémoires Lambeaux et un travail
sur le Rhône endigué visible une fois encore le 16 décembre. Ainsi mon travail de photographe emprunte simultanément plusieurs directions, la plus récente et la plus "intime" est celle qui est
montrée au Salon.