Lyon et Sud-Est : Elena, qu'allez-vous nous montrer ?
Elena Brugo : Un endroit que j’ai vu, revu, depuis très longtemps. Je reviens d’Italie, en Ligurie, à Triora. C’est un village très singulier, par son architecture, très singulier, très sombre…
Tout en escaliers, il a un coté tragique.
Au XVième siècle ce lieu a fait parler de lui pour ses sorcières : les gentilles qui faisaient des tisanes... et les méchantes. Des enfants disparaissaient... C’est un lieu d’une telle densité que je pourrais faire une trentaine de toiles.
Lyon et Sud-Est : Avez-vous dessiné ou peint sur place ?
Elena Brugo : C'est tellement difficile, il y a trop de lumière !
Je peins en revenant mais c’est difficile, je travaille lentement, tellement lentement… C’est un village qui a été détruit par un tremblement de terre. En 1961, j’y suis allée pour dessiner, c’est certainement le lieu le plus anciennement squatté du monde (rires).
Quand je suis venue, on m’a dit : " tu veux une ruine ?". Depuis j’y retourne, je suis la plus ancienne. Ce village m’a beaucoup apporté, c’est un lieu de souvenirs intenses.
Ce que j’aime dans le paysage, c’est le minéral, les falaises, comme dans les Cévennes aussi. Là bas entre les murs, les arcades, les trous, ce sont des bleus liguriens, ils me font penser à l’art grec !
Tu te trouves dans des vallées, des crètes très très hautes, des oliviers, puis des chataigniers… En une heure tu es au bord de la mer.
j’y suis allée souvent, à des heures, à des moments differents, des saisons différentes, donc des lumières différentes.
Salon de Lyon et Sud-Est : Votre aventure au salon de Lyon et Sud-Est remonte à quand ?
Elena Brugo : Depuis les années 1970 ; c’est Pierre Pelloux qui m’avait proposée.
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander








